Technique et évolution

A mon souvenir, les premières bandes dessinées étaient surtout dessinées au feutre. Parfois avec un premier trait au crayon, mais toujours je rajoutais de la couleur. Cela donne un style assez particulier au final, car il n’y a pas trente six façons de dessiner au feutre. Faire des gros plans ou des grandes surfaces au feutre, c’est relativement laid, et ça « salit » le dessin en un sens. Du coup j’ai surtout utilisé des plans larges, avec des petits personnages dans des petites cases, et cela a sans doute guidé par la suite mon dessin, tout en lignes et en traits.

Le format initial des BD était en général un A4 en paysage, avec cinq ou six bandes, donc par petit calcul des cases d’à peine 4 cm de hauteur. Une histoire par page environ, même s’il m’est arrivé de faire quelques séries, qui se suivent donc sur quelques pages. Peu de recto-verso, je ne sais pas trop pour quelle raison, sans doute parce que le feutre est visible de l’autre côté de la feuille.

Cela dit assez vite j’ai quitté le feutre, en ayant fait un rapide et succinct passage par le crayon de couleur, pour me limiter au noir et blanc, uniquement au crayon. Le stylo n’aura été utilisé que tout petit (pas d’exigence de texture), ou pour des dessins isolés plus tard, donc qui n’ont pas grand-chose à voir avec mes BD. Là encore, quelques pas brouillons, en ne prêtant pas attention au type de crayon, et donc en utilisant parfois du gros crayon tout moche, mais plus le style avançait plus les détails se sont faits nécessaires, donc utilisation d’un crayon plus fin. A savoir majoritairement Critérium.

Niveau graphique est dessin à proprement parler, j’ai eu quelques débuts assez amusants : des têtes toutes rondes, des mains en « chou-fleur », et des nez tous droits. Le coup du nez m’est apparu bien naïf quand il a fallu faire une bosse à un de mes personnages, et que du coup on confondait la bosse arrondie avec le nez-trait, et on se demandait ce que ce trait venait faire là (une moustache ?). Bref, voilà à peu près ce que cela donnait :

Dessin primaire

Le nez sera longtemps un défaut dans mes dessins, sans que je m’en aperçoive. Pendant longtemps il restera un nez façon « à la Tintin », genre de demi-capsule, de volume variant en fonction des personnages et du coup de crayon évasif. Le nez pouvait à tout moment détruire le visage de mes personnages. Mais je n’étais pas assez exigeant pour m’en soucier.

C’est mon frère qui me débloqua. Avec un style plus « pointu », plus anguleux, davantage sur les traits, il m’a amené à avoir le style de dessin actuel. Il m’a ainsi apporté différents détails, sur la coupe des pantalons, sur la posture, sur les effets spéciaux…

Dessin actuel

D’un point de vue général de toute façon, je n’ai jamais aimé passer trois ans sur une case, ce qui implique que je minimisais les détails. Cela m’a forcé à amener la suggestion, et à baser mes histoires sur autre chose que les décors. Du coup mes cases sont relativement allégées, laissant la place aux bulles et aux apartés, aux effets d’émotions.

Mais cette flemme a eu son côté pervers, m’amenant à peu explorer les angles de vue, et à me poser des problèmes sur les perspectives, que je rencontre encore à présent. Je me souviens d’une grande joie lorsque que j’ai découvert qu’une roue vue de travers n’est plus une roue, mais une ellipse. De même, les petits carreaux pour dessiner les bâtiments c’est bien, mais pour la perspective finalement ça confond un peu.

J’ai testé, mais sons donner suite, une technique employée par mon frère depuis : le mélange stylo et crayon. La structure à l’encre noire, et les détails et dégradés à l’aide du crayon. C’est intéressant, mais un peu plus long. Or je ne suis pas patient en matière de dessin, donc je n’ai pas accroché, même si le rendu est joli.

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